Valmar  posté le samedi 04 juillet 2009 03:28

Ce n'est pas vraiment un commencement, mais bon...

Valmar a été mis en ligne puis interrompu il y a de cela un moment. Reprenons l'histoire depuis le début, en corrigeant les horreurs qui se sont glissées ici et là. {#} Reprenons l'histoire, tout simplement, parce qu'elle est en train de mourir d'ennui ( et moi donc {#} ) et qu'il serait temps que tous ces petits personnages se dégourdissent les jambes entre deux lignes et quelques pages.

Pour ceux qui ne connaissent pas la trame, on va dire qu'il s'agit de " fantaisie " ( oui, parce que pas réellement historique, ni fantasy. Disons qu'on fait ce qu'on peut... {#}.

Je n'en dis pas plus, sinon bienvenue aux uns et aux autres.

En rouge, ça fout les pétoches !!! {#} Ceci, juste pour préciser que quelques passages pourraient ne pas plaire à tous, mais qu'on évitera trop de tuerie, trop de boucherie ou trop de sexy ( pour rester dans le [i] ).

Alors, je vais vous laisser quelques temps histoire de reprendre tout ça et de commencer la mise en ligne dans les jours qui vont venir. A très bientôt !


Srevi

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Valmar  (Des origines de la chute) posté le samedi 04 juillet 2009 04:18

 

Prends garde au frère et à la sœur qui naîtront d'un même lit

Honnis soient-ils car ils engendreront le malheur

De deux corps ils ne formeront plus qu'une seule âme et un seul cœur

Leur royaume sombrera dans la désolation et la noirceur de la nuit

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Première partie  (Première partie) posté le mardi 07 juillet 2009 01:09

 Bror og søster

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Chapitre premier  (Première partie) posté le mardi 07 juillet 2009 01:16

 

Les hommes profitaient des derniers moments de liberté qui leur étaient accordés avant de prendre la mer. Demain, ils embarqueraient pour les territoires du Nord, en direction du royaume d'Egévron. Afin de rendre les heures qui les séparaient des brumes matinales plus attrayantes, ils s'engouffrèrent dans l'une des tavernes qui jalonnaient les quais de Håmstrøp. La chaleur qui régnait dans la place était suffocante. L'odeur de chair mal lavée qui l'accompagnait était à la limite du supportable. Ces hommes du Nord avaient beau vivre en terre étrangère depuis bon nombre d'années, ils ne s'étaient toujours pas habitués aux rustres manières de ceux de l'Ouest.

Fæn! Ils ne sentent donc pas leur propre odeur ? Si les plus belles putains de la ville ne se trouvaient pas dans ce taudis, j'aurais déjà embarqué depuis longtemps.

― Calme-toi, Tallak ! On a connu bien pire, non ?

Le dénommé Tallak fit volte-face. L’étonnement se peignit sur son visage avant que son regard ne s’illumine dans un éclair de compréhension.

― Tu veux dire quand on est tombé dans les latrines de ce pourceau de Dietrich ! T'as bu la tasse, ce jour-là !

L'autre prit un air dégoûté.

― Oui, je ne m'en souviens que trop bien.

Tallak émit un rire puissant en se remémorant la scène. Il frappa du poing sur le comptoir de chêne, réclamant deux pintes de sa voix tonitruante.

― Et dépêche-toi ! Mon ami et moi mourons de soif.

À peine furent-ils servis que Tallak demanda qu'on les emmène voir les filles disponibles. Quelques instants lui suffirent à vider sa bière. Il se tourna vers son compagnon, le sourire noyé dans une barbe pleine de mousse.

― Dietrich a dit que ces femelles sont les plus belles de la ville. Elles commencent le métier ici, ajouta-t-il en indiquant le plafond de son index. Qu'est-ce que t'en dis, Inge ?

― J'en dis qu'on verra bien.

Tallak eut un nouveau rire de gorge.

― On dirait que les femmes te font peur. Allons, mon frère ! C'est notre dernière nuit de liberté. Profitons-en !

Il leva une nouvelle pinte à la hauteur de son visage :

Skål !

Skål ! reprit Ingvald avant de vider sa bière.

Tallak, satisfait, fit claquer sa main sur le bras de son frère d'armes dans un geste qui lui était désormais familier. La première fois qu'il avait fait ça, Ingvald, qui n'était alors pas bien gros, s'était retrouvé fesses à terre. Tallak, une vraie force de la nature de quinze ans, avait rit, poings sur les hanches, en voyant le gamin s'étaler de tout son long. La rage l'ayant pris, Ingvald s'était relevé et avait foncé tête baissée dans le ventre de ce garnement pour se retrouver plongé, avec lui, dans les latrines du seigneur chargé de leur éducation militaire. Impressionné par sa témérité, Tallak l'avait pris sous sa coupe et ils étaient rapidement devenus amis. Aujourd'hui, ils rentraient ensemble vers les royaumes du Nord qu'ils avaient quittés encore enfants. Il leur tardait de retrouver leurs terres.

― Les choses seront différentes là-bas, mon frère. Tout sera différent.

― Je serai le même, ici où là-bas. Je resterai le même.

Tallak esquissa un sourire. Ses dents blanches qui luisaient dans sa barbe rousse accentuaient son air sauvage.

― Nous verrons, mon frère. Nous verrons bien.

Ingvald allait répliquer quand on les interpella. Le moment tant redouté était venu. Les filles de joie les attendaient.

 

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Chapitre premier  (Première partie) posté le vendredi 10 juillet 2009 00:30

Dans une pièce sombre jouxtant la grande salle, une dizaine de silhouettes indistinctes se pressaient, côte à côte, dans un alignement parfait. Ingvald jugea le manque de lumière d'un mauvais oeil. C'était un truc très utilisé dans les quelques bordels que son ami et lui avaient fréquentés. On masquait, ainsi, les défauts trop visibles à l'œil nu, comme les marques résultant de maladies vénériennes. Ingvald suivait ses semblables, par souci de conformité, mais il était écoeuré de fréquenter ce genre d’endroits. Tallak disait qu’il était peut-être encore un peu trop vert pour apprécier les plaisirs de la chair. Plaisirs ? Ingvald se demandait bien quel plaisir il pouvait y avoir à posséder une femme soumise et rarement propre. Mêler sa chair à celle d'un être pour lequel il ne ressentait aucun désir laissait à sa jouissance un arrière-goût amer, mais quand en plus le corps de sa compagne n'exhalait rien d'autre qu'un parfum aux relents de sueur et de crasse, il sentait son estomac se révulser. Tallak le rassurait en disant que les femmes étaient plus propres dans le Nord et que ce serait différent pour lui, là-bas. En attendant, il se retrouvait contraint de passer un moment avec une de ces filles pour prouver aux siens qu'il n'était pas un de ces foutus Æknaiens, réputés être des pleutres trop raffinés pour combattre comme des hommes.

La première fois que Tallak l'avait entraîné dans un de ces bouges, il venait d'avoir treize ans : l'âge d'homme. Afin de l'initier à autre chose qu'à l'art du combat à mains nues, son ami lui avait montré les richesses de la ville voisine, avant de l’abandonner aux mains d'une femme repoussante mais experte qui était censée tout lui apprendre sur l'art d'être un homme entre des draps. L'aspect de la femme et le fait qu'il ne se sentait pas prêt à vivre cette expérience avaient plus anéanti que séduit le jeune garçon. Tallak disait que cela lui viendrait. Trois années s'étaient écoulées et il se demandait toujours ce qui pouvait tellement attirer les hommes qu'il côtoyait dans ces échanges furtifs et violents. Lui-même s’était habitué à prendre les filles, sans caresse ni baiser, sans que leurs corps se touchent plus que de nécessaire, toujours habillé afin de partir le plus vite possible. Il n'était curieux ni de leurs corps, ni de leurs sentiments ou de leurs noms si elles en avaient, pas plus que de leurs états d'âmes. Ils échangeaient rarement un mot ; ces femmes, venant pour la plupart de contrées étrangères où elles avaient été enlevées pour venir remplir les bordels du pays de Særnøc, ne parlaient pas un traître mot de hsilne.

Cette nuit, il ferait comme d'habitude. Il en prendrait une au hasard, la suivrait dans un réduit quelconque et ferait ce qu'il avait à faire.

― Regarde, celle-là ! dit Tallak en le tirant de ses pensées. Qu'est-ce que tu en penses ?

Ingvald suivit le regard de son ami et aperçut une grande brune qui les fixait insolemment. Pourtant, ce ne fut pas elle qui retint son attention. Une jouvencelle se tenait tout au bout de la rangée, le visage baissé, ses longs cheveux couvrant partiellement un corps d'une finesse et d'une élégance comme il n'en avait encore jamais vu. L’expression de son frère d’armes n’échappa pas à Tallak et, avec un sourire de conquérant, il demanda que cette fille soit réservée à son ami. Lui-même disparut au bras d'une femme qu'Ingvald ne vit même pas. Nerveux, il suivit la frêle étrangère jusqu'à la chambre qu'ils devaient partager. Lorsqu'elle passa devant lui pour le guider, il respira, avec étonnement, un doux parfum de rose qui acheva de le troubler.

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